Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) a accordé une longue entrevue au média 20 Minutes afin d’expliquer en détails sa toute nouvelle stratégie de communication. 

C’est suite à une rentrée plutôt chargée du côté du CFCM en raison de sa participation à des assises territoriales de l’islam de France voulues par le ministère de l’Intérieur ainsi que l’organisation d’un congrès des musulmans de France, que son président, Ahmet Ogras, a bien voulu expliquer sa nouvelle stratégie de communication de son organisation.

Ogras a évidemment été interpellé sur la question de l’apprentissage de l’arabe en France, et notamment, de son enseignent dans les mosquées et les centres culturels. À cet effet, le président du CFCM s’est montré très clair dans sa réponse: « Aujourd’hui, l’enseignement de la langue arabe est assez institutionnalisé. Il est dispensé par des associations loi 1901. La mosquée a un rôle social et culturel auprès de ses fidèles. L’arabe est une grande langue. L’arabe, c’est la langue de l’avenir, c’est la langue des débouchés professionnels. »

À cet effet, Ogras a précisé qu’on comptait plusieurs adultes parmi ces étudiants qui souhaitaient apprendre l’arabe afin d’avoir  accès à la culture des parents, des grands-parents.

Questionné quant à une statistique avancée par le ministère de l’Intérieur et reprise dans le rapport de l’institut Montaigne qui affirme que près de 80 000 personnes apprennent l’arabe dans les mosquées, le président a préféré demeurer prudent devant ces chiffres: « Il n’y a jamais eu de chiffrage officiel il y a dix ou vingt ans et il n’y en a toujours pas aujourd’hui. L’enseignement est fait dans des salles de classe, il est ouvert à tous, il est plus visible qu’auparavant. »

20 Minutes en a aussi profité pour échanger avec Ogras sur l’association entre le CFCM et les assises territoriales de l’islam de France. Selon le président, l’association semble vouloir porter fruit: « Mardi, nous avons déjeuné avec le ministre de l’Intérieur. Il a reçu un quart des synthèses faites par les préfets. Ce qui est important, c’est que ça s’est très bien passé. Cela nous a permis que tout se fasse naturellement au sein du CFCM et des CRCM. Cette transformation [du CFCM] elle est en train de se faire. Le CFCM doit se réformer et être encore plus professionnel. On a créé l’association pour le financement et le soutien du culte musulman pour permettre de tracer, de fluidifier les ressources de ce culte. » Le président a ensuite conclu en affirmant que: « Le seul souci, c’est la communication. Nous ne savons pas communiquer. C’est le défi pour les prochaines années ».